Mali : des experts de l’ONU exigent la libération urgente de trois militants victimes de torture

Des experts indépendants mandatés par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU ont appelé, ce lundi, les autorités maliennes à libérer « immédiatement et sans condition » trois militants politiques détenus, victimes présumées de torture et de mauvais traitements.

Les personnes concernées — Moulaye Baba Haïdara, Mahamoud Mohamed Mangane et Amadou Togola — sont actuellement incarcérées à l’Agence nationale de la Sécurité d’État (ANSE), où elles auraient été soumises à des traitements inhumains, selon plusieurs rapports médicaux et témoignages.

« Nous sommes profondément préoccupés par les informations crédibles faisant état de tortures infligées à ces trois hommes durant leur détention », ont déclaré les experts dans un communiqué, parmi lesquels figure Eduardo Gonzalez, rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme au Mali.

Le 29 juillet 2024, les trois militants ont saisi la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples d’une requête contre la République du Mali. En réponse, la Cour a ordonné le 29 octobre 2024 des mesures conservatoires, enjoignant le Mali à suspendre les mandats d’arrêt à leur encontre et à procéder à leur libération pour qu’ils puissent recevoir les soins médicaux appropriés.

Les experts exhortent Bamako à respecter pleinement cette ordonnance. « Il est impératif que les autorités maliennes garantissent l’accès immédiat à des soins spécialisés à ces détenus, conformément aux engagements du pays en matière de droits humains », ont-ils insisté.

Bien que ces experts soient désignés par l’ONU, leurs prises de position ne reflètent pas nécessairement la position officielle de l’Organisation.

A.P